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 ♝ AG WOLFGANG

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MessageSujet: ♝ AG WOLFGANG   Lun 25 Avr - 11:42


AG Wolfgang

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MessageSujet: Re: ♝ AG WOLFGANG   Lun 25 Avr - 11:47


L'âme voudrait l 'imiter.


La nuit avait atteint son paroxysme et si la ville qui s’étirait en bas semblait dormir, lui était éveillé. Ses grands yeux bleus fixaient le plafond trop froid de sa chambre immense et s’il faisait en sorte de respirer avec régularité, son cœur battait la chamade. Le jeune homme oscillait en fait entre l’euphorie et la crainte. Il était plongé dans cet état comme second depuis bientôt plus d’un mois. Tout avait commencé par une rencontre et depuis, le doute l’assaillait. Ne passait pas un seul jour, pas une seule heure sans qu’il ne se demande s’il était à sa place. Et si autre chose, ailleurs, l’appelait ? Et s’il était fait pour une autre vie que celle qu’il vivait à présent ? Il secoua la tête doucement, comme pour chasser un mauvais rêve. Il avait toujours aimé cette vie qu’était la sienne : il avait une belle situation, l’avenir lui souriait et surtout, il était sûr de gravir les échelons. Il était à l’aise en société, l’on respectait son avis, l’on écoutait ce qu’il avait à dire et plus que tout, l’on était devant lui admiratif voire, l’on pouvait le craindre. Il avait finalement en lui comme un sentiment de pleine puissance ou d’immunité et au si jeune âge que le sien, cela ne pouvait être autrement que jouissif. Comment être sûr, alors, qu’il serait heureux ailleurs et autrement ?

« Venceslas ? Tu ne dors pas ? »

Il tourna doucement sa tête vers elle, la dévisageant de ses jolis yeux bleus. Elle le regardait avec amour, un sourire étirant ses lèvres roses et tremblantes. C’était son corps entier qui frissonnait. Il frissonnait de lui, de cet amant qui la comblait, de cet homme qui l’avait voulue auprès de lui et qui la poussait à s’accomplir. Elle l’aimait. Elle l’avait aimé dès l’instant où elle l’avait vu. Ce sentiment si fort qu’elle avait de suite ressenti n’avait pourtant pas été réciproque. Aussi élégant que fortuné et estimé, Venceslas avait toujours attiré les sympathies des femmes et finalement, il avait toujours eu l’embarras du choix. Pourquoi elle, alors ? Il avait aimé son sourire et son regard. Il avait aimé cette idée qu’il s’était faite d’elle : c’était comme si elle ne s’était jamais préoccupé du sort tragique du monde. Elle arrivait à mettre les gens à l’aise, elle mettait de la beauté et de la douceur partout où elle allait. Elle avait en elle une naïveté que seuls les enfants ont, une naïveté qui fait leur innocence et leur beauté ; une naïveté qu’ils perdent trop tôt et qui finit par faire d’eux autant de monstres.

« Je vais partir. »

Ses mots, prononcés avec douceur mais fermeté, tombèrent dans le silence de la nuit. Ils semblèrent combler chaque vide, chaque trou d’air et ils emplirent la pièce d’une atmosphère étrange. Il s’était montré si détaché, si calme et décidé en le disant ! Pourtant, sa seule phrase avait eu l’effet d’un coup de tonnerre ou d’une bombe. Ce corps adorable qui frissonnait d’amour venait de se tendre et les yeux plein d’étincelles et de bonté s’étaient agrandis pour le dévisager. Le sourire de la belle avait laissé la place à une grimace étrange et laide. L’incompréhension, le doute, la peur … la colère ? Autant de choses, finalement, que Venceslas détestait. Sans attendre de réponse, il se leva, enfila un épais sweat ainsi qu’un pantalon. Il quitta la chambre pour se diriger dans le salon et mettre des chaussures. Il entendit alors un bond puis des pas précipités et elle apparut. Elle l’assaillait de questions sans même lui laisser le temps de répondre. Elle lui demandait pourquoi, pour combien de temps, où, s’il avait rencontré quelqu’un d’autre, si c’était un voyage d’affaire. En somme, elle voulait qu’il s’explique. Son amour inconditionnel se heurta alors avec fracas à l’orgueil du jeune homme.

« Jamais personne ne m’a demandé de m’expliquer. Je n’ai pas l’intention de commencer aujourd’hui. Je ne te dois rien. »

Il l’avait à peine regardé, préférant ramasser quelques affaires. Il repassa ensuite à côté d’elle, pour aller prendre des vêtements. Il regarda son visage. Elle ne ressemblait plus à grand-chose ainsi et il détestait voir les gens pleurer ou en panique. Le maître mot était et avait toujours été pour lui le contrôle. Sans lui, rien ne pouvait fonctionner. S’il avait réussi, c’est qu’il avait toujours pris le soin de tout verrouiller. Il n’avait jamais rien laissé au hasard, jusque-là du moins. Sans même prendre la peine d’allumer la lumière, il jeta négligemment quelques chemises et quelques pantalons dans un sac de voyage. Il passa également par la salle de bain et prit ses affaires. Comme il allait se retourner, il sentit les bras de la femme avec laquelle il dormait se serrer contre lui. Elle s’était précipitée et le tenait avec fermeté, son corps tremblant de peine collé contre le sien. Venceslas ne bougea pas.

« Je t’aime Venceslas. Je t’aime et tu le sais. Emmène-moi, emmène-moi avec toi. »

« Je ne sais pas où je vais, je ne sais pas ce que j’aurai. Tu es faite pour la vie que nous avions ici : les dîners en ville, les colocs, les opéras, les ventes de charité … Je ne sais pas ce que j’aurai là-bas et je refuse de te vendre de l’inconnu. »

« Mais à deux, nous y parviendrons, je le sais Venceslas … je t’aime trop et qu’importe toutes ces choses dont tu parles. La seule chose qui compte vraiment c’est que nous soyons ensemble. Tu n’es pas d’accord ? »

Il se dégagea de son étreinte et lui fit face. Mêlant douceur et passion, il attira son corps contre le sien et l’embrassa. C’était un étrange ensemble de délicatesse et de violence. Les sentiments et les vérités se précipitaient d’un même élan et trop attachée, la jeune femme était incapable de réagir autrement qu’en l’embrassant à son tour et en le serrant contre elle. Elle l’avait dans la peau. Mais qu’en était-il de lui ? De nouveau il se recula et il la dévisagea. Il partit ensuite, sans même un mot. Elle tenta bien de l’empêcher de sortir en se mettant devant la porte mais il la dégagea sans ménagement. Seule au milieu du salon qu’ils avaient habité, elle s’écroula, de lourdes larmes roulant sur ses joues. L’espoir subsistait. Il était infime, presque mort déjà mais il était là, palpable presque. Le moteur rauque de l’automobile du jeune homme s’ébranla soudain, rugissant comme un tonnerre. Cette fois, l’espoir était bel et bien mort. S’il prenait cette voiture-là, c’est qu’il s’en allait vraiment. Il ne serait jamais parti sans elle.



Du cœur de la nuit au petit matin, le jeune homme n’avait pas arrêté de rouler, défiant presque les lois de la physique quand il poussait sa voiture à accélérer, jouant frénétiquement sur les pédales et dangereusement avec le frein à main. Il ne s’arrêta qu’au petit matin, au milieu de nulle part. Il sortit de son automobile pour faire quelques pas et se dégourdir les jambes. Une épaisse brume courait sur toute la rase campagne alentour et à l’odeur qui flottait dans l’air, Venceslas savait qu’il était près d’une forêt. Il décida de marcher un peu plus avant. Sa progression fut rapidement stoppée par une barrière de rondins de bois. Il en fit le tour et il longea le sous-bois. Se dessina devant lui un autre enclos, plus grand cette fois, plus reculé aussi. Il semblait avoir été placé là pour être gardé à l’abri des regards. Le blond continua donc de s’approcher. Il ne distinguait pas grand-chose et fatigué de sa nuit éprouvante, aussi bien mentalement que physiquement, il se laissa tomber contre une pente douce et contre-laquelle il pouvait appuyer son buste.

Il resta là quelques minutes, comme pour peser le pour et le contre. Les secondes se murent bientôt en minutes et finalement, alors qu’il se rendait compte qu’il avait passé une heure ici, il décida de repartir. C’est ce qu’il aurait dû faire mais se présenta à lui comme une apparition. Bien droit sur ses quatre aplombs, cette bête étrange et comme sortie de nulle part le fixait de ses grands yeux noirs. Surpris et déconcerté de ne pas l’avoir entendue, Venceslas se redressa néanmoins. L’équidé redressa son encolure, portant alors sa tête au plus haut. Jamais le jeune homme n’avait vu tant de grâce et de puissance conjuguées en un même corps. Sans crainte il s’approcha de la barrière, regardant plus avant ce cheval qu’il devina étalon. Sa robe rousse semblait de feu alors que régulièrement, il ronflait des naseaux puis piaffait, comme désireux de montrer sa force. Souhait-il le défier ? Un sourire s’était coulé sur le visage de l’homme. Il posa alors ses deux mains sur la barrière et se hissa dessus pour s’asseoir et mieux le voir.

Le jeune mâle vécut cette initiative comme une intrusion. Puissant, il se cabra de tout son haut, sa crinière de feu se dressant sur son encolure comme une crête. L’espace de quelques secondes seulement, il défia les lois de la gravité, ses antérieurs tranchant l’air frais du matin qui commençait seulement. A peine reposait-il ensuite ses sabots au sol qu’il lançait une puissante ruade avant de détaler dans son pré. Il se poussait avec vigueur et ses antérieurs cherchaient toujours plus de terre à couvrir. Il n’eut aucun mal à s’étendre et bientôt, il sembla pur-sang de compétition. Son univers était cependant borné et il se le rappela rapidement quand il fit face à une autre des barrières. Furieux, il pila net en s’abaissant plus que de raison sur ses hanches et vrilla, repartant de plus belle en sens inverse. Son manège continua ainsi puis, résigné et comprenant qu’il existait encore quatre barrières finies, le joli mâle repassa au pas et s’arrêta à nouveau face à l’homme. Son poitrail se soulevait rapidement : il accusait son effort dantesque.

Impressionné, le jeune homme le regardait seulement. Il avait toujours trouvé le temps de monter à cheval mais l’idée de posséder le sien ne l’avait jamais séduit : trop de temps et de travail. Il avait préféré le confort d’une écurie huppée et l’assistance de palefreniers pour s’occuper des montures. Cette ambiance-là avait parfaitement collé à son image de société. Cependant et s’il ne l’avait jamais dit, il l’avait toujours regretté. Peu de personnes connaissaient son histoire et ils ignoraient donc pour la plupart le milieu miséreux dont il était issu. Son grand-père avait longtemps continué de travailler au champ et privé de père, il avait passé d’innombrables mois avec lui. Il s’était rapidement amusé du vieux cheval qui vivait au pré. C’était avec lui qu’il avait appris à monter. Il avait passé des heures à le regarder pour l’apprivoiser. Ensuite, il l’avait pansé d’innombrables fois, sans le monter jamais. Finalement, il n’avait commencé qu’un an plus tard, quand la confiance entre eux était déjà au plus haut. Quand il était mort, la douleur avait été telle qu’il s’était promis de ne plus jamais s’attacher à nouveau. Ils mouraient trop vite, ces étranges animaux qui avaient en eux un peu de la magie des dieux.

Et s’il était l’heure de recommencer ? Une vie sans danger était bien fade. Peut-être était-il temps pour lui de s’inquiéter un peu ? Cela sembla pour beaucoup n’être qu’un coup de tête : la ville s’anima de rumeurs. Elles disaient que le « fils prodigue » s’était enfui sur un coup de tête en s’encombrant d’un cheval étrange qui avait dû lui coûter deux francs six sous. C’était ce que pensait désormais le monde de lui. Il s’en moquait. Il s’en moquait parce qu’il poursuivait quelque chose de plus noble : accompagné de son étalon de feu, il partait en quête. En quête de lui, de l’enfant qu’il avait été, si loin et différent de l’adulte qu’il était devenu.

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MessageSujet: Re: ♝ AG WOLFGANG   Lun 25 Avr - 11:59


Dès que j'ai vu que tu avais rp, je me suis empressée d'aller lire. Et... woh quel résumé ! Il m'a touchée au tripes et j'avoue que j'avais plus envie de lâcher mon écran des yeux pour connaître la suite ! Pauvre Femme en tout cas et quel Wolfgang ! J'ai très bien imaginé la scène du galop durant l'aube levant ! C'était... Très prenant !
Et du coup si j'ai bien compris c'est comme ça que Venceslas a découvert l'étalon et l'a acheté ?

Pour ce résumé tu gagnes
1 point cavalier
2% de complicité
1% de moral
MàJ Alice

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